Samedi 25 février 2012 6 25 /02 /Fév /2012 19:30

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Fausses notes

 

Quand la publicité pour ce nouveau casting pour une émission de chant à la télé est passée sur les écrans, j’étais genre « Ouais, bof, encore le même type d’émission sans trop d’intérêt ». Enfin, pas d’intérêt pour moi vu que je ne suis pas trop du genre à aimer la musique. Alors je ne vais pas m’amuser à la regarder à la télé alors qu’il y a pleins d’autre trucs marrants à voir ou à faire.

 

Bon, en fait, ce n’est pas tellement vrai. Je regarde souvent le début de ces émissions parce qu’au commencement, on voit souvent le casting. Et disons que voir des gens qui chantent plus mal que moi (faut le faire quand même), c’est génial et je me dis que je ne suis pas la seule casserole. Mais que j’ai été une casserole assez maligne pour ne pas aller exposer au monde à quel point je suis mauvaise. Il y en a, ce qui les rend ridicules, et attendrissants parfois, c’est que même s’ils ont une voix à nous faire saigner les oreilles, eh ben c’est qu’ils y croient  à fond quand même. Le pire dans tout ça, c’est qu’ils doivent attendre de passer devant un jury de la télé pour qu’on leur dise qu’ils chantent terriblement mal et qu’aucune personne de leur entourage n’a essayé de les empêcher de participer. Mais bon, comme on dit, l’important, c’est de participer.

 

Enfin bon, quand l’annonce est passée à la télé, ça ne me disait pas vraiment de regarder ça. Et puis il y a eut une promo un peu plus importante, que ce soit à la télé, à la radio ou même sur des affiches dans les rues. C’était la première fois que je voyais une médiatisation aussi importante pour un truc qui n’avait même pas encore commencé et qui n’était pas franchement original. Les émissions de chant, ça fait tellement longtemps que ça existe. C’est tout le temps pareil

 

Mais là, ça avait l’air différent. En fait, cette médiatisation, pour moi, ça ne voulait dire qu’une chose. Le concept est tellement mâché, remâché et digéré qu’il faut faire croire aux téléspectateurs que c’est plus moderne. Alors que pas tant que ça, au final. Et puis dans les pubs, ça n’arrêtaient pas de dire qu’il allait y avoir des tas et des tas de surprises. Pour moi, quand il y a des surprises dans une émission, c’est que ça fait déjà un moment qu’elle passe à la télé et qu’elle commence à lasser et qu’il faut faire remonter les audiences. Alors bon, promettre des surprises dès le début, ça veut dire que l’émission est vraiment mauvaise et qu’ils veulent attirer les gens par tous les moyens.

 

Et il faut avouer que ça a bien marché. Tout le monde ne parlait que de ça, c’était le sujet de conversation favori dans les bars et même dans les repas de famille. Même le président de la République en a parlé. Il a dit qu’il  allait sûrement regarder. Je me demande combien d’argent il a gagné pour dire ça. Bon, peut-être qu’il est sincère mais je trouve étrange qu’il nous parle des programmes télévisés qu’il va regarder. Sincèrement, je m’en fous de le savoir. Mais pas les journalistes people qui se sont emparés de l’info et qui en ont fais leurs gros titres et leurs ventes ont explosées.

 

Et puis le plus gros mystère sur l’émission, c’était son titre. Il n’avait pas encore été dévoilé alors que ça commençait dans la semaine. Les magazines télé avaient juste écris Titre inconnu sur la plage de diffusion.

 

Deux jours avant la diffusion, on a appris des trucs supplémentaires grâce à un article diffusé sur internet. Bon, il y avait des trucs qu’on savait déjà, comme par exemple, la chaine sur laquelle ça allait passer, la grande chaine. La grande chaine, c’est comme un organisme humain car elle est en perpétuelle évolution. Elle se nourrit des chaines plus petites et ainsi elle grossit. On va finir par l’appeler la grosse chaine ou même la chaine obèse si ça continue. En fait, le seul truc de nouveau qu’on a apprit, c’est le nom de la société de production. Zz.prod. Et d’après ce que j’ai compris, c’est la première fois qu’on en entendait parler. C’était un O.P.N.I, un objet producteur non identifié.

 

Moi ça me plaisait bien. Une société de prod’ inconnue, ça voulait peut-être dire que cette émission allait vraiment être très différente des autres.

 

Et c’est ainsi que quand le soir du jour de diffusion est arrivé, je me suis installée sur mon canapé devant la télé, tout comme un nombre assez important de la population. Et j’ai découvert le titre de l’émission qui avait fait couler un flot d’encre ces dernières semaines. Une fausse note ? Plutôt mourir ! Un titre assez drôle et puis qui montrait clairement que ça allait nous parler de musique. Et puis, ça montrait surtout que l’émission ne se prenait pas vraiment au sérieux et ça, j’y trouvais génial. Au moins, ça allait faire une bonne occasion de rire un coup.

 

Sauf que ça ne parlait pas du tout que de musique. Loin de là. En fait, on aurait dit un melting pot de pleins de concept d’émissions de téléréalité. Alors, en gros, il y avait le casting pendant trois semaines puis le vrai début où on enfermait les chanteurs choisis dans une maison luxueuse où ils pourraient suivre des cours avec des profs tandis qu’ils auraient des épreuves en plus, absolument pas en rapport avec la musique. Genre des épreuves de séductions ou des trucs dans le genre. Avec des émissions quotidiennes et la possibilité de suivre leur vie dans la maison 24 heures sur 24. C’est comme s’ils avaient crée une émission pour tous les goûts. Et avec les votes du public, un des candidats doit être éliminé chaque semaine. Et donc avec ce concept, les candidats ne sont plus jugés seulement sur la qualité de leur interprétation mais principalement sur leur comportement. En gros, si un candidat chante mal mais est plutôt sympa, il peut gagner. Dans une émission de chant, c’est carrément bizarre.

 

Mais je ne sais pas trop pourquoi, ça ne m’a pas posé de problème. Je me suis dit « Après tout, pourquoi pas ? » et ce genre de paroles ne me correspondaient absolument pas. Mais mon cerveau n’arrivait pas à se rebeller et il me faisait penser que « Après tout, ce n’est qu’un jeu. Ce n’est pas la peine d’en faire tout un plat. »

 

Étrange, très étrange.

 

Et l’émission a commencée. Le casting était vraiment diversifié, surtout par rapport au talent. Pour certains des candidats, on se disait qu’avec une telle voix, ils n’avaient vraiment pas besoin d’un tel truc pour percer dans la musique et pour d’autres, on se demandait aussi ce qu’ils faisaient là avec leur voix à briser les vitres. Aucun des candidats ne m’a vraiment plu, leur caractère étant trop différent du mien. C’est peut-être pour ça que je n’ai pas vraiment réagi lorsque la présentatrice nous a annoncé, avec un grand sourire, que tous les candidats recalés avaient été réunis dans une grande pièce. C’est la première fois que quelque chose de ce genre arrivait à la télé. Parce que des candidats recalés, il y en avait des tas, près de deux mille.

 

-Et maintenant, a dit la présentatrice à la caméra, tous ses ex-candidats vont mourir. Car ils ont massacrés des chansons et que la musique, c’est sacré.

 

Ah ouais, okay. Le titre, ce n’était pas juste pour faire rire. Tu fais une fausse note, tu meurs. Sacré concept. Sauf qu’ils n’allaient pas mourir maintenant. Parce que le casting était bouclé depuis déjà quelques semaines. Non, ça faisait justement quelques semaines qu’ils étaient morts ces gens. Eh beh…Chez Zz.Prod, ils sont vachement doués pour faire des surprises. Parce que sinon, ses candidats morts, on en aurait entendus parler tout de même. Et puis bon…là, il y avait d’abord la pub alors peut-être que ce n’était qu’une blague bizarre pour nous obliger à rester devant la télé ?

 

Super stratégie parce que j’étais scotchée à l’écran.

 

Une dernière pub, pour une voiture, est passée et l’émission est revenue et la présentatrice s’est dirigée vers un immense hangar où attendaient les ex-candidats qui ne semblaient pas au courant qu’ils allaient mourir. Ils discutaient entre eux, rigolaient, sans se douter de ce qu’il allait leur arriver. Et quand la présentatrice leur a appris quel sinistre destin ils allaient tous connaître d’ici quelques minutes, ils n’ont même pas paniqués. L’un d’eux a même dit « Ah ?...OK.. ». Même moi, je n’ai pas réagi. Des gens qui n’avaient rien fais de mal, à part mal chanter, allaient se faire tuer sous mes yeux et ça ne me dérangeait pas plus que ça. J’allais regarder ça comme un divertissement. Comme si c’était normal.

 

Un trou s’est ouvert dans le toit, après que la présentatrice soit sortie et ait refermé la porte du hangar et on a vu une main lancer une grosse boule au milieu des ex-candidats qui regardaient la scène comme s’ils étaient hypnotisés  Quand la boule a atterrit sur le sol, une fumée verte s’en est échappée. Certaines personnes se sont mises à tousser bruyamment et j’ai vu un jeune homme même pas majeur s’écrouler au sol en se tenant la gorge, ses yeux s’exorbitant. Tous les autres l’imitèrent et après plusieurs minutes de ce spectacle, nous, les téléspectateurs, avons pu conclure que nous venions d’assister à l’exécution de deux mille personnes.

 

Et la pensée générale était « Pas de problème. Ils n’avaient qu’à mieux chanter. S’ils ne voulaient pas mourir, ils n’avaient pas besoin de participer à cette émission. »

 

Pendant les trois semaines suivantes, on a eut droit aux mêmes scènes. Casting avec victoire pour certains, trépas pour d’autres. Cette émission se suivait un peu comme une série télé où il y aurait beaucoup de morts à chaque fois. Un peu comme une série dramatique ou plutôt, apocalyptique. Comme si ce n’était pas réel tout ce qu’il se passait, comme si c’était juste virtuel.

 

La presse parlait beaucoup de l’émission et c’était la première fois que je voyais les journalistes tous d’accords. Pour eux, c’était le meilleur show télévisé crée depuis longtemps et surtout, très novateur. Dans tous les magazines, à la télé, à la radio, sur Internet, dans la rue, dans les bistrots, tous les commentaires étaient plus qu’enthousiastes. Et l’audience était juste exceptionnelle. Pour la première émission, il y avait eut 40% de part d’audience au début mais après la pub avant la mort des ex-candidats, l’audience a subitement augmentée pour atteindre près de 60%. Depuis la part d’audience était rarement à moins de 65-70%. C’était assurément le carton de l’année.

 

Les derniers castings sont finalement arrivés et il était assez difficile de faire un choix. Ils étaient tous assez bons. Mais le jeu requérait les meilleurs chanteurs et le jury savait lesquels feraient l’affaire ou non. Il y avait plusieurs candidats que j’aimais bien mais je ne savais pas trop s’ils étaient assez doués ou non pour passer cette nouvelle étape du casting. Mais quand j’en ai vu deux d’entre eux s’effondrer au sol parmi d’autres candidats, j’ai compris qu’ils ne devaient pas être assez bons pour continuer.

 

Tant pis pour eux, c’était le jeu.

 

Sur environ dix mille candidats, seulement vingt avaient eu la chance de passer à l’étape où le public était le seul maitre à bord. On pouvait choisir qui pouvait continuer et qui devait être éliminé (dans tous les sens du mot). Je trouvais ça assez cool d’avoir droit de vie et de mort sur une personne, ça faisait presque de nous des Dieux, des Dieux apocalyptiques.

 

Pour la première émission en prime-time, il fallait éliminer cinq candidats d’un coup car la maison n’était pas assez grande pour que vingt personnes s’y installent. Il fallait faire de la place. Alors ils ont interprétés une chanson chacun et pour que ce ne soit pas trop long, les chansons ne devaient pas faire plus de trois minutes.

 

J’ai voté. Pour le numéro cinq qui était vraiment le plus mauvais de la bande. C’était la première fois que je votais pour ce genre d’émission et je m’étais promis de ne jamais donner de sous pour ce genre de trucs. Mais là, je m’étais presque senti obligée de le faire, comme si c’était super important et que ça aiderait à changer le monde. Que JE changerais le monde grâce à cet appel surtaxé. Et bon, j’ai toujours voulu changer le monde alors c’était l’occasion ou jamais de le faire.

 

La présentatrice a dit que celui qui gagnerait le jeu remporterait l’occasion d’enregistrer un disque et surtout qu’il remporterait le droit d’être en vie. Ce qui était quand même sacrément utile si on voulait devenir chanteur et faire un disque.

 

Sur dix mille candidats, il n’en restera plus qu’un à la fin.

 

Les résultats sont arrivés et le numéro cinq, celui pour lequel j’avais voté, a été éliminé, ainsi  que les numéros deux, sept, quinze et dix-huit. J’avais contribué à la mort d’un être humain et ça ne me dérangeait pas. Je répétais que c’était le jeu et qu’on n’y pouvait rien. Ce n’était tout de même pas de ma faute s’il avait été mauvais et qu’il avait perdu. Et puis, il fallait bien des perdants, comme dans tous jeux dignes de ce nom.

 

La manière de tuer les candidats ne variait pas. On les enfermait dans une pièce dans laquelle on laissait tomber une boule qui faisait se répandre une fumée verte. Fumée qui provoquait l’étouffement des ex-candidats puis leur mort. C’était assez propre et rapide.

 

Après ce premier prime-time, qui fut le plus gros succès de tous les temps, nous avions droit pendant toute la semaine à une émission quotidienne d’une heure où nous suivions tout ce qui c’était passé d’intéressant dans la maison pour les candidats. Le fait est que ce n’était pas très intéressant mais qu’on regardait quand même. On aurait loupé pour rien au monde ce moment de l’histoire télévisuelle.

 

Même au bureau, le patron avait installé une télé pour que nous puissions regarder si on travaillait à l’heure à laquelle l’émission passait. Ca nous faisait une grosse pause mais on avait comme l’impression que c’était plus utile que notre job. Entre collègues, c’était notre sujet de conversation principal et lorsque nous avions un moment, nous faisions un petit tour sur le site de l’émission où on pouvait avoir des vidéos en temps réel de tout ce qu’il se passait dans la maison. Mes collègues avaient craquées pour Andrew, un jeune homme de vingt-cinq qui chantait plutôt bien, et elles adoraient suivre ses moindres faits et gestes.

 

Elles ont été un peu déçues quand il a été éliminé lors du troisième prime-time mais elles ont fini par admettre qu’il méritait de mourir. Il était beau et chantait bien mais il était aussi assez macho, feignant et pas forcément très agréable à vivre. Son élimination était une bonne chose. Au moins, il n’embêterait pas les autres candidats avec ses remarques sarcastiques.

 

L’émission a continué et une grosse nouveauté est apparue tandis qu’un huitième candidat était en train d’étouffer après s’être fait éliminer. Pour les semaines à venir, nous avions le droit de choisir la façon dont les candidats éliminés allaient mourir. Je trouvais que l’idée était exceptionnelle car l’étouffement, c’était sympa un moment mais ça finissait par lasser un peu.

 

J’ai voté plusieurs fois sur Internet pour dire quel type de mort je souhaitais voir à l’écran mais ce n’était jamais choisie alors j’étais un peu déçue mais tout de même assez impressionnée de voir les candidats mourir par d’autres manière que l’étouffement. L’un d’eux fut aplati par un piano très lourd, un autre a été se baigner dans une piscine remplie d’eau électrifiée et un autre a été frappé à mort. Ceux qui tenaient les battes de base-ball avaient été choisis parmi le public présent ce jour-là. J’étais presque déçue d’habiter en province et non dans la capitale. J’aurais aimé lui taper dessus juste pour voir quel effet ça fait, pour me sentir plus forte et puissante.

 

Il y a eut une mort, celle du demi-finaliste éliminé, qui a beaucoup plu. Le but, c’était que l’ex-candidat devait se faire rouler dessus un par un camion jusqu’à ce qu’il meurt. C’était trop génial ! Non, franchement, c’était cool parce que le conducteur du camion faisait exprès d’y aller tout doucement pour que la mort et l’agonie de l’ex-candidat soit bien longue et douloureuse. On l’entendait crier et sangloter quand ses os cassaient sous le poids des roues.

 

Pour le dernier prime-time, le niveau de chant était exceptionnellement élevé. Tous les mauvais étant morts, il ne restait plus que les bons qui avaient eu l’intelligence d’être sympathiques dans la maison. Il n’y avait plus que deux candidats et l’un d’entre eux allaient mourir tandis que l’autre serait célèbre. Célèbre pour avoir été le premier vainqueur de ce genre d’émission de téléréalité.

 

Nous, les téléspectateurs, tout ce qu’on voulait, c’était que ça arrive vite au résultat. En fait, on n’en avait presque rien à faire qu’ils chantent bien, on voulait juste savoir qui allait vivre et qui allait périr. Et même, ça pouvait être l’un ou l’autre des candidats, ça ne nous intéressait presque pas de savoir qui gagnait. Non, on voulait juste savoir quelle mort allait subir le perdant. Ca avait été le sujet de nombreux articles dans la presse et de nombreuses discutions sur Internet.

 

L’excitation était vraiment à son comble. Les candidats, un garçon et une fille, se combattaient en chanson. J’avais voté pour la fille qui était une personne plus agréable que le garçon. La fille, j’avais vraiment envie de pouvoir la rencontrer un jour. Alors que le garçon, je m’en fichais. S’il mourrait, ça ne poserait aucun problème.

 

Et enfin, les résultats arrivèrent. La fille remportait l’émission sous les applaudissements d’un public en furie. J’ai sauté de joie quand j’ai vu ce qui allait arriver au garçon. Ce n’était pas très original, mais c’était l’idée que j’avais soumise. La mort par décapitation, je trouvais ça carrément classe car ça faisait penser un peu penser au Moyen-âge et aux exécutions publiques. Et là, c’était complètement ça. Une exécution publique télévisée. Il y avait même un bourreau avec une hache et un masque noir sur le visage.

 

Et le bourreau fit son œuvre.

 

La suite des événements me parut un peu plus floue car j’avais la tête qui s’est mise à tourner. Des idées me traversaient l’esprit. Comment avais-je pu laisser cela arriver ? J’avais contribuée à la mort de plusieurs êtres humains, je l’avais même attendu et pire encore, encouragée. Je me dégoutais.

 

J’ai faillis donner un coup de poing dans ma télé lorsque je vis que le bourreau plaçait la tête du garçon sur un pique, comme lors de la Révolution. Mais ce n’était pas ça qui avait attiré mon attention. Non, c’était plutôt le bruit que faisait le public, comme si eux aussi se réveillaient après une période d’ignorance. Ils regardaient la tête du jeune garçon et son bourreau avec un air surpris. Ils étaient dégoutés. Dégoutés d’eux-mêmes et dégoutés de ce concept, tout comme je l’étais ainsi que tous les autres téléspectateurs. Comment, nous, citoyens, avions-pu laisser faire une telle chose et y participer dans la joie et la bonne humeur ?

 

Et comme un seul homme, tout le public présent sur le plateau se rua sur la scène pour ne laisser aucune chance au bourreau de s’enfuir. Tous ces gens allaient le massacrer. Dans le public, je reconnaissais des visages familiers, des personnes que nous avions vues dans les vidéos des ex-candidats. C’était leur famille. La production avait fait venir les familles et les amis de tous les candidats qui avaient pu monter sur la scène tout au long de l’émission et c’étaient bien eux qui étaient les plus décidés à faire du mal au bourreau.

 

Des coups de feu retentirent dans tout le plateau et avant que nous ayons eut le temps de voir ce qu’il se passait, ils étaient tous mort. Le bourreau et le public en furie baignaient dans une mare de sang. Le seul survivant, qui avait été mit à l’écart avant les coups de feu, était la jeune fille qui avait remporté le jeu. Et très étrangement, toutes les questions que je m’étais posé ces dernières minutes avaient disparues de mon esprit et je regardais le plateau avec une sorte de fascination morbide.

 

Mais pourquoi le public s’était-il rebellé de cette manière ? Il fallait être vraiment fou pour faire ça. Encore heureux que la jeune fille victorieuse n’avait pas été touchée par leur coup de folie sinon ça aurait été terrible. Une émission de téléréalité sans vainqueur, ce n’était juste pas du tout concevable. Et le public avait vraiment été égoïste pour le coup. Avaient-ils pensés aux pauvres personnes qui devraient s’échiner pour faire disparaitre toutes les traces de sang du plateau ? Non, évidemment que non.

 

Dès le lendemain, Zz.prod a annoncé qu’ils ne feraient pas de deuxième saison, du moins pas avant quelques années, même s’ils étaient très contents de cette saison. La finale avait fait un record d’audience car près de 90% de la population avait été devant sa télé pour assister à la victoire, mais surtout à la mort. C’est dommage qu’ils ne continuent pas, c’était quand même super bien comme émission.

 

Les journalistes ont écris deux-trois articles puis au bout d’à peine une semaine, le soufflé est retombé d’un coup. Quasiment plus personne n’en parlait, ni dans les médias ni entre la population. Comme si l’émission n’avait pas existé alors qu’elle avait presque fait partie intégrante de nos vies pendant plus de trois mois. La jeune fille qui avait gagné a connu le même sort que l’émission et au bout de quelques temps, on l’oublia totalement. Peut-être même qu’elle aussi a oublié ce qu’elle avait bien pu faire pendant ces quelques mois.

 

 

 

Quelque part, dans une galaxie pas si éloignée que ça

 

-Chef Zzorgl ! Chef Zzorgl ! Criait une créature vert foncée avec beaucoup de tentacules tout en fonçant dans les couloirs d’une station spatiale. Le rayon amnésique a marché. Plus aucun humain ne se souvient de ce qu’il s’est passé à présent. Ca a prit du temps mais c’est bon maintenant. Dit-il en entrant dans une pièce où une créature, comme lui mais coiffée d’un casque, consultait des cartes tout en observant la grande vitre qui donnait sur l’espace infini.

 

Le chef se tourna vers son employé et un sourire carnassier, dévoilant plusieurs rangées de dents tranchantes, apparut sur son visage.

 

-C’est parfait, Zzarugl. Donc…si un jour nous avons besoin de relancer l’émission, ils ne s’en souviendront pas ?

 

-Non, Chef Zzorgl. Et puis le rayon a l’avantage d’effacer la mémoire mais aussi d’effacer toutes les traces de notre passage. Les vidéos de l’émission, les articles, des discutions sur Internet…tout a disparu.

 

-Tu as fais du bon travail, Zzarugl. Ce rayon hypnotisant, c’était une excellente idée. Je n’aurais jamais pensé que ces idiots d’humains se laisseraient avoir d’une telle manière. Et très bonne idée d’avoir coupé le rayon pour que le public se rebelle. Ca aurait pu être désastreux mais il faut avouer que ça a été un franc succès. Félicitation Zzarugl !

 

Zzarugl se rengorgea de fierté. C’était rare d’avoir les félicitations du chez Zzorgl alors il fallait en profiter tant qu’on le pouvait.

 

-Dis-moi Zzarugl…A combien s’élève le nombre de morts ? Demanda le chez Zzorgl avec un sourire très cruel.

 

-Eh bien, ça en fait dix mille si on ne compte que les candidats mais ça en fait à peu près dix mille cinq cent en comptant le public qui s’est rebellé. Zzargl devrait revenir avec les derniers corps d’ici demain. Elle a très bien joué les présentatrices votre fille, chef.

 

-C’est vrai, elle s’est très bien débrouillée. Bon, en même temps, c’est ma fille alors c’est normal…dix mille cinq cent corps…Répéta-t-il d’un air rêveur…Voilà de quoi remplir le garde-manger et tenir pendant de nombreuses années.

 

Et il éclata d’un rire sinistre et cruel, imité par son employé, leurs rires se répercutant dans toute la station spatiale.

Par Arlavor le rouge
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Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 10:59

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C’était un bel été que celui-là. Nous pouvions rester à rêvasser dans le jardin des heures et des heures sans pour autant souffrir de la chaleur. Et nôtre bon ami, Sa Royale Majesté Le Soleil nous faisait bénéficier longuement de sa présence et ne tirait sa révérence qu’à une heure déjà avancée de la soirée.

 

Le Soleil nous souhaita une bonne nuit  pour rentrer dans ses appartements et laisser la place vacante pour sa bonne amie, Mademoiselle La Lune. L’heure de quitter le jardin était arrivée. Bien trop tôt à nos yeux.

 

Le Soleil avait beau être allé se coucher, je n’éprouvais nulle fatigue et ne souhaitais rejoindre mon lit. La seule occupation digne d’intérêt à cet instant était la lecture mais je ne savais que choisir, la maison regorgeant de bibliothèques remplies à ras bord dans une grande diversité de genres et d’auteurs. Certaines pièces étaient un labyrinthe de rayonnages et des piles de livres posées ça et là dans un désordre pourtant très bien organisé.

 

Je revenais dans ma chambre avec une petite pile d’ouvrages, passant facilement de Baudelaire à Tolkien, lorsqu’un détail dans ma propre bibliothèque attira mon attention. Un livre qui n’y avait pas sa place s’y trouvait, bien visible, au milieu des autres. Par ailleurs, c’était la première fois que je le voyais et j’étais fortement impressionnée par sa reliure en cuir et ses dorures. Sur sa couverture, un pentacle doré y avait été gravé et son titre, L’alchimie, ne pouvait laisser aucun doute sur son utilité. Il s’agissait là d’un grimoire, un ancien grimoire de magie, blanche ou noire, je ne le savais pas encore.

 

-Mais non, que suis-je bête. L’alchimie, ce n’était pas de la magie. Plutôt de la science.

 

J’étais un peu déçue par cette constatation mais toujours très excitée par la découverte du magnifique livre. Je l’examinais de plus près, passant délicatement ma main sur la couverture, caressant le cuir, ma main touchant le pentacle. Le pentacle qui s’illumina instantanément, provoquant une belle frayeur de ma part. Qu’avais-je donc fais ? Et qu’allait-il donc se passer ?

 

J’entendis alors un bruit très étrange et sourd, comme si des objets tombaient avec force et fracas. En tendant mieux l’oreille je parvins à déterminer que ce bruit provenait de derrière ma bibliothèque et donc, de la chambre de mon frère. Chambre où rien n’avait bougé et dans laquelle mon frère dormait à poing fermé.

 

Bien. Soit mon frère avait le sommeil très lourd, soit j’étais un petit peu folle sur les bords. En fait, être folle, ça ne me dérangerait pas trop. Ce serait plutôt que les autres le sachent qui m’embêterais plus que tout. A l’asile, la folle !

 

Sauf que le bruit a recommencé, plus fort que la dernière fois et la bibliothèque a même tremblé. C’était forcément vrai parce que sinon, c’était vraiment bien imité. Imité de quoi, d’ailleurs ? C’était la première fois que je vivais un phénomène aussi étrange.

 

J’ai donc entrepris de déplacer la bibliothèque mais c’était une tâche hasardeuse tant elle était lourde et les livres qu’elle contenait tanguaient dangereusement, comme s’ils voulaient faire le grand saut dans l’inconnu, se libérer de l’ordre alphabétique d’auteurs dans lequel ils avaient été soigneusement classés. Et par miracle, je ne comptais aucun livre naufragé et j’ai pu découvrir avec stupeur ce que mon meuble de rangement me cachait depuis de très longues années.

 

Un trou béant dans le mur qui donnait sur un escalier descendant.

 

Ce n’était pas possible. Il devait y avoir une erreur où alors j’étais réellement folle et en plein délire. Et pourtant, ce trou était bien là, je pouvais le toucher, en palper les bords et même toucher un autre mur. Je comprenais mieux, soudain. Le mur qui séparait ma chambre et celle de mon frère devait être plus épais qu’il n’y paraissait à première vue et il était alors possible d’y découvrir un passage. Aussi étroit soit-il.

 

Car il fallait l’admettre. Passage il y avait bien.

 

J’avais terriblement envie d’aller découvrir ce que ce mystère pouvait bien cacher mais en même temps, je n’étais pas connue pour mon courage. J’avais même une petite réputation de trouillarde, acquise devant certains films d’horreurs. Et ce trou dans mon mur me paraissait assez peu avenant et surtout, particulièrement sombre et certainement recouvert par de grosses toiles d’araignées, grosses araignées venimeuses comprises dans le lot.

 

Mais mon envie d’aventures, attisée par mes très nombreuses lectures, fut la plus forte. Je ne pouvais laisser un tel mystère m’échapper. Si je le laissais de côté, peut-être disparaitrait-il à tout jamais et j’en serais bien embêtée car je n’aimais pas ne pas connaitre la solution d’une énigme. Ou bien quelqu’un d’autre descendrait à ma place et découvrirais des choses merveilleuses et ça, je ne pouvais le laisser faire. C’était mon mystère alors c’était à moi de découvrir ce qu’il me cachait.

 

-A nous deux !

 

A peine avais-je prononcé ces mots qu’une lanterne est apparut sur mon bureau dans un grand scintillement, un peu comme quand La Fée Bleue arrive chez Gepetto. J’étais impressionnée et je n’osais approcher. Pour apparaitre ainsi, cette lanterne ne pouvait être que magique. Du feu crépitait à l’intérieur.

 

Je ne savais comment c’était possible mais quelqu’un avait du entendre que j’allais m’enfoncer dans le passage et avait donc voulu m’envoyer une aide. Un peu comme un ange-gardien. Au moins, j’avais l’impression de ne pas être seule dans cette aventure.

 

En tout cas, il semblait clair que j’allais vivre quelque chose d’extraordinaire.

 

J’ai attrapé la lanterne et après avoir respiré profondément, j’ai mis un pied dans le passage, puis l’autre. A ce moment, il me semblait presque impossible de reculer. Je descendais les marches, faisant très attention où je mettais mes pieds et je déplaçais les trop nombreuses toiles d’araignées. Je me sentais un peu comme un explorateur et je me rêvais aussi doué qu’Indiana Jones pour échapper aux pièges qui pourraient me barrer la route.

 

Et plus je descendais, plus mon courage se développait, plus je prenais confiance en moi et en mes capacités. Si le passage s’était dévoilé pour moi, c’était que je devais avoir la force nécessaire de faire ce qui était attendu de moi.

 

Tout d’un coup, j’ai senti un courant d’air qui venait m’ébouriffer les cheveux. C’était agréable et voulait dire que j’approchais du but. Je sentais de plus en plus la fraicheur des lieux et au bout de plusieurs minutes, j’ai aperçu une petite lueur, très faible mais tout de même présente. Ma conscience me disait de ralentir mon allure car je ne savais pas sur ce que j’allais tomber mais mon cœur et mon corps n’étaient pas de cet avis, me forçant à descendre plus vite.

 

Mais en descendant, je me rendais compte que les murs avaient changés. De simples façades, ils étaient à présent tels des murs de châteaux-forts et en descendant encore plus bas, très proche de la lueur, devenue lumière éblouissante, ils étaient recouverts de dessins que j’avais identifiés comme étant des hiéroglyphes. Comment toutes ces choses pouvaient-elles se trouver sous ma maison qui était pourtant tout à fait banale et ne possédait pas grand chose d’extraordinaire dans sa construction ?

 

Je continuais ma descente un peu plus doucement pour observer l’évolution du mur et aussi parce que la lumière me faisait mal aux yeux, m’obligeant un peu trop souvent à détourner les yeux de ma trajectoire. Quand j’essayais de regarder, je distinguais de plus en plus une sorte d’arche mais la lumière m’empêchait d’en voir plus.

 

Enfin, je dépassais l’arche, fermant les yeux à cause de la trop forte lumière. Je les ouvrais doucement pour découvrir l’endroit dans lequel je me trouvais. A première vue, j’étais à l’intérieur…d’une Pyramide. En tout cas, cette pièce ressemblait à ce que je connaissais des Pyramides que j’avais vu dans des dessins animés ou des films. Une grande pièce, comme un couloir, qui menait à une autre pièce fermée qui devait être un tombeau.

 

Et contre les murs étaient posés plusieurs sarcophages, dont le plus grand et le plus luxueux était juste à côté de la porte du tombeau. Une rapide observation des lieux m’appris que j’étais en présence de pas moins de vingt-et-un sarcophages. Une grande équipe.

 

J’avançais à pas discrets et en faisant attention à ne pas déclencher de pièges, tels une boule géante, une volée de flèches ou un trou béant qui s’ouvrirait d’un coup sous mes pieds. C’étaient de grands clichés des films d’aventures mais je ne voulais quand même pas que cela m’arrive en vrai.

 

J’entendis un bruit assez inquiétant, une sorte de grincement, comme celui que provoquerait une porte en frottant sur le parquet. Je me tournais et me retournais dans tous les sens pour voir d’où ce bruit pouvait bien provenir. Je regardais mes pieds. Peut-être avais-je enclenché un mécanisme par inadvertance mais je ne trouvais rien qui aille dans ce sens. Et le bruit s’intensifiait encore. C’était vraiment très angoissant mais j’ai décidé de continuer à avancer. J’étais arrivé jusque là alors ce n’était pas pour abandonner aussi tôt.

 

Mais quand le grand sarcophage s’est mit à bouger et à trembler, je me suis arrêtée net dans mon avancée, terrorisée. J’étais en plein, cauchemar et le sarcophage s’est ouvert lentement et…une momie en est sortie, balançant ses bras recouvert de bandelettes vers les autres sarcophages qui s’ouvrirent à leur tour. J’étais encerclée !

 

Les momies avançaient comme un seul homme vers moi quand le chef, celui qui venait du grand sarcophage a marché sur une bandelette qui se détachait et est tombé, entrainant les autres dans sa chute. On aurait dit un gag dans Scooby-Doo en plus sinistre. Le chef se releva d’un bond et toutes les bandelettes tombèrent à ses pieds pour dévoiler…

 

Michael Jackson !

 

Et pas n’importe lequel des Michael Jackson. Non, le King of Pop version zombie. Et il n’avait pas l’air content du tout. Il claqua dans ses doigts et toutes les momies se relevèrent en se débarrassant de leurs bandelettes. Je quittais vingt-et-une momies pour me retrouver face à vingt-et-un zombies et l’échange ne me plaisait pas trop. Je n’avais pas vraiment envie de faire manger la cervelle. Mais vu les regards d’affamés qu’ils me jetaient tous, je devais leur paraitre tout à fait appétissante.

 

-Euh….Bon…Bonjour…

 

Dans ce genre de situation, on  fait rarement des choses intelligentes. Je voulais m’enfuir à toutes jambes dans l’escalier. Les zombies, dans les films, étaient juste des cadavres qui marchaient. Ils courraient rarement alors je ne les imaginais pas me rattraper. Mais mon corps ne m’obéissait pas et mes pieds restaient collés au sol. Mais en voyant la vitesse de certains des gestes qu’ils effectuaient, je me suis dit que c’était peut-être mieux ainsi. Si je m’étais enfuie, ils m’auraient poursuivi et certainement rattrapé. Et dévoré.

 

A ma grande surprise, le chef, Michael Jackson, donc, me fixa avant de me répondre sur un air nonchalant.

 

-Bonjour, humaine. Je ne pensais pas que notre…sacrifice humain viendrait nous trouver de lui-même. Je te remercie de nous retirer cette part de travail. A-t-il dit avec une voix d’outre-tombe.

 

Sacrifice humain ? C’était de moi dont ils parlaient ? J’étais la seule humaine dans le coin, en même temps alors ce n’était pas rassurant. J’ai pris mon courage à deux mains.

 

-Je suis votre sacrifice humain ?...Mais vous voulez me…me sacrifier pour faire…quoi ? Ais-je demandé d’une petite voix pas très assurée.

 

-On versera ton sang et enfin, enfin, nous pourrons franchir l’arche et accéder au monde des humains. Et on l’envahira, on en prendra le contrôle et on transformera certains humains pour qu’ils deviennent comme nous. Les autres, on les mangera. A-t-il dit très calmement, comme s’il me racontait une journée tout à fait banale. Maintenant, a-t-il continué, nous pouvons commencer le rituel de sacrifice.

 

D’un claquement de doigt, tous les zombies se placèrent au centre de la pièce et…se mirent à danser. Michael chantait et dansait et les zombies se désarticulait encore et encore avec des craquements horribles.

 

En clip, c’est plutôt rigolo mais en vrai, ça fait froid dans le dos.

 

Pendant qu’ils dansaient, je réfléchissais à toute vitesse. Je pouvais m’enfuir car ils ne pourraient me suivre au-delà de l’arche. Mais honnêtement, je ne pouvais pas laisser une bande de zombies vivre en dessous de ma maison. Et puis, qu’est-ce qui me disait qu’ils ne trouveraient une autre solution pour envahir la Terre, autre que le sacrifice humain ? Il fallait que je me débarrasse d’eux. Toute seule, comme une grande.

 

J’ai fermé les yeux une dizaine de secondes et quand je les ai rouvert, un petit flacon contenant un liquide vert fluorescent était posé à mes pieds. Pieds qui avaient retrouvés leur indépendance. Sur le flacon était attachée une petite étiquette sur laquelle il était écrit Bois-moi. Ca n’avait rien de très engageant mais si ce flacon m’était apparu, c’était qu’il devait forcément m’être utile. J’ai porté le goulot du flacon à la bouche et j’en ai avalé tout le contenu.

 

Et presque immédiatement, j’ai senti que quelque chose bouillonnait en moi, quelque chose qui voulait sortir de toutes ses forces. Je ne pouvais rien faire contre cette force qui s’agitait dans mes tripes, je ne pouvais qu’y assister, impuissante.

 

Je me suis senti grandir et m’épaissir. Je dominais tous les zombies, qui avaient arrêtés de danser pour regarder ma transformation, et mon corps bougeait un peu seul, sans mon autorisation. Je me suis entendu pousser un cri de bête sauvage, de monstre en furie. Les zombies se sont immédiatement reculés de plusieurs pas, se regroupant pour se protéger.

 

Mauvaise idée, apparemment. Car la bête en moi s’est mit à jubiler.

 

Je remarquais alors à quoi je devais ressembler et pourquoi j’avais fait peur aux zombies. Mes petits muscles avaient bien triplés de volumes, je faisais approximativement un mètre de plus que d’habitude et, fait intéressant, mon corps entier avait verdi. Seuls mes longs cheveux avaient conservés leur couleur d’origine.

 

Mais avant d’avoir pu faire d’autres constations sur mon apparence, la bête m’a pris sous son contrôle et je me suis mis à frapper le sol avec mes poings serrés en poussant des cris de sauvage. Coups après coups, le sol se fragilisait et soudain, un craquement sourd s’est fait entendre. Le sol s’était fissuré, formant un trou qui grandissait. Les zombies n’ont rien pu faire et sont tombés dans les abysses, le trou se refermant dès que tous les zombies avaient disparus. Je m’arrêtais alors de frapper le sol et j’ai entendu comme un tintement de cloche.

 

Tididididiiii ! You Win ! Congratulation !

 

Et une volée de pièces dorées tomba  sur le sol, juste devant moi. Je les ramassais avec mes grosses mains vertes puis le sol se mit à trembler violemment. J’avais trop secoué la pièce et elle allait s’effondrer sur moi !

 

Je courrais vers l’arche mais à présent, ma corpulence ne me permettait plus de la passer. J’étais piégé dans cette pièce et j’allais me faire écraser. Je cherchais seule une autre sortie, la bête m’ayant soudainement abandonnée, tout en évitant les pierres, de plus en plus grosses, qui dégringolaient du plafond, quand j’ai découvert un petit cupcake recouvert d’un glaçage rose, posé sur une pierre. Mange-moi y était écrit avec un autre glaçage, blanc celui-ci.

 

Je n’ai pas réfléchi et ait englouti le gâteau en quelques coups de mâchoires et de dents. Si la situation n’avait pas été aussi pressante, je l’aurais mangé doucement, par très petits bouts, pour pouvoir profiter de son goût de paradis bien plus longtemps.

 

Presque aussi rapidement que pour la boisson fluorescente, je sentis une transformation s’opérer en moi mais elle me faisait sentir mieux. Je redevenais moi-même. Je retrouvais ma couleur et ma carrure d’origine.

 

Et pour célébrer ça, le sol trembla encore plus fort, tellement fort que j’avais du mal à rester debout. Je tanguais mais essayais de me rapprocher le plus vite possible de l’arche et ainsi m’enfuir par l’escalier. J’évitais tant bien que mal les pierres qui essayaient de me toucher pour me ralentir mais en accélérant un peu, je parvins à poser un pied sur la première marche. Mais je n’étais pas encore saine et sauve car les pierres continuaient bien évidemment de tomber.

 

Je m’élançais dans l’escalier, gardant tout de même un œil derrière moi. Quand j’ai été sûre de ne plus courir aucun danger, j’ai stoppé ma course pour reprendre mon souffle. De la marche où j’étais, je pus assister à la suite des événements. Les pierres tombaient encore jusqu’au moment où l’escalier fut plongé dans le noir le plus total. L’arche menant à la pièce avait été totalement bouchée.

 

Et c’est là que je me suis aperçu que, dans mon empressement, j’avais laissé la lanterne derrière l’arche. J’allais donc devoir progresser dans le noir. Seule dans le noir. Mais au moins, dans le calme.

 

Je suis remontée assez vite, repassant par le trou dans mon mur, m’apercevant que malgré le peu de temps que j’avais passé en dessous à combattre des zombies, la nuit était sur le point de se finir. Je décidais alors d’aller m’installer sans tarder dans le jardin pour que sa Royale Majesté Le Soleil me trouve à son réveil et m’illumine de ses rayons, découvrant ainsi l’héroïne que j’étais devenue pendant son absence.

 

 

Arlavor le Rouge

Par Arlavor le rouge - Publié dans : Divers
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Lundi 5 décembre 2011 1 05 /12 /Déc /2011 11:08

http://www.leslecturesdeliyah.com/wp-content/uploads/2010/11/Logo-Cest-lundi-Les-lectures-de-Liyah.png

 

C'est un rendez-vous initié par Mallou link et repris par Galleane link

 

 

 

Cette semaine, j'ai lu:  Dans la peau d'un garçon, Bienvenue au club de Jonathan Coe, Negima tomes 21 à 32, Tsubasa reservoir Chronicle tomes 1 à 5, Emma (manga qui se passe à Londres) tomes 1 à 3.

 

 

 

En ce moment, je lis: Le premier tome de Sakura Card Captor.

 

 

 

Cette semaine, je vais lire: Je pense que je vais continuer avec les mangas pour le moment.

 

 

Bonne semaine et bonne lecture à tous!

 

 

Arlavor le Rouge

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 18:06

 

Une très joie chanson de Noel 

 

Hark how the bells, 
sweet silver bells, 
all seem to say, 
throw cares away 

Christmas is here,
bringing good cheer, 
to young and old,
meek and the bold, 

Oh how they pound, 
raising the sound, 
o'er hill and dale, 
telling their tale, 

Gaily they ring 
while people sing 
songs of good cheer, 
Christmas is here, 

Merry, merry, merry, merry Christmas, 
Merry, merry, merry, merry Christmas, 
On on they send , 
on without end, 
their joyful tone to every home 
Dong Ding dong ding, dong Bong



Arlavor le Rouge

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Dimanche 4 décembre 2011 7 04 /12 /Déc /2011 17:44

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In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren  et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C'est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque.


Pour le regroupement des liens, il faut aller chez La bibliothèque de Lilie

 

 

 

Grâce à mes points club chez France Loisirs, j'ai pu m'offrir "Les contes macabres"

 

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Arlavor le Rouge.

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  • Arlavor le rouge
  • Le monde d'un Sanoursien: Arlavor le rouge
  • cinéma Art Peinture Photographie Jeux Vidéo
  • A la recherche d'un emploi en librairie, également écrivain en devenir, photographe-peintre (en devenir aussi) un peu dérangée et surtout rêveuse à temps plein.

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